UNITE ET ACTION - Snes -
Nous écrire à
uasnes@uasnes.org

Recherche

L'article appartient à cette rubrique :
En débat

Note économique et sociale

lundi 25 août 2008



L’Insee annonce une croissance en berne, avec un recul du PIB de 0,3 % au 2emetrimestre. L’ essentiel de la croissance prévue cette année est déjà derrière nous : pour les trois derniers trimestres de 2008, l’INSE n’attend qu’une croissance cumulée de 0,4 %. Une croissance si faible signifie aussi un pouvoir d’achat en panne, alors que l’inflation est de 3,6% sans doute même un peu plus élevée selon Eurostat).Cela signifie aussi des ressources stagnantes pour l’Etat (alors qu’il a promis de réduire fortement le déficit public) et beaucoup moins de créations d’emplois, voire des suppressions. La production industrielle s’est ralentie : (-1,4%) au deuxième trimestre de l’année, notamment dans l’automobile, l’agro-alimentaire et les biens d’équipement. En juillet, Renault a déjà annoncé des suppressions d’emplois en Europe dont un millier à Sandouville. Des destruction d’emplois qui vont peser sur les revenus et donc sur la consommation. Rappelons que si les chiffres du chômage sont en baisse c’est d’abord grâce aux départs en retraite (notamment dispositif carrières longues avec plus de 100000 départs l’an dernier), mais les générations qui arrivent sur le marché du travail sont encore nombreuses, et les emplois laissés par les « baby boomers » ne seront pas automatiquement remplacés.
Les raisons de ce recul sont à la fois « extérieures et intérieures » : la crise des subprime aux Etats-Unis a eu des répercussions en Europe ,elle freine le crédit avec pour conséquence le ralentissement de l’activité dans l’immobilier, jusque là en croissance,mais aussi dans l’automobile et pèse sur l’investissement productif .La hausse du prix du pétrole (environ 2 % du PIB ) a des conséquences sur le pouvoir d’achat global :les français dépensent moins (on l’a vu cet été) et reportent leurs achats. La hausse du cours de l’euro contribue au déficit du commerce extérieur et réduit l’activité : selon l’Insee, le commerce extérieur devrait amputer la croissance d’ environ 0,6 point sur l’année.
La politique gouvernementale porte également de lourdes responsabilités dans cette récession. Le bilan de la loi TEPA, (le fameux paquet fiscal) dont le gouvernement promettait des miracles, a en fait eu de très faibles retombées sur la croissance (les riches particulièrement ciblés par les mesures ont plus épargné que consommé), les heures sups défiscalisées n’ont été utilisées que par environ un tiers des entreprises et ont contribué à la stagnation voire à la suppression d’emplois. Et ce sont les dépenses publiques et la sécurité sociale qui ont été sacrifiées. L’état qui devrait être créateur d’emplois et donc de croissance n’a plus de marge. Même les emplois aidés ont reculé au budget 2008
Mais François Fillon a considéré qu’il n’était nul besoin de plan de relance (il parle de simple ralentissement et Woerth estime que le recul du PIB n’est pas bien grave), contrairement à d’autres pays comme l’Espagne ou les Etats-Unis ; et pas question pour le gouvernement de revenir sur la loi Tepa !Comment alors dynamiser l’économie française et redonner du pouvoir d’achat,quand la lutte contre le chômage consiste pour le gouvernement,avec l’Offre Raisonnable d’Emploi, à sanctionner les chômeurs !
Nicolas Sarkozy devait aller « chercher la croissance avec les dents », cela n’a visiblement pas suffi, les enquêtes d’opinion montrent d’ailleurs que les français ne croient pas à l’efficacité gouvernementale pour augmenter leur pouvoir d’achat,alors que la rentrée sera difficile pour les familles modestes ( la modulation de l’allocation de rentrée scolaire demandée à juste titre par l’ensemble des associations familiales est trop faible pour être réellement efficace).

Les principaux dossiers sociaux de la rentrée :

Le projet de loi RSA
Le projet de loi sur le revenu de solidarité active (RSA) présenté par martin Hirsch, participe à l’objectif affiché par Nicolas Sarkozy de réduire la pauvreté d’un tiers en 5 ans. Il s’agit de permettre le cumul, partiel et temporaire, entre des allocations sociales et un faible salaire, afin de favoriser le retour à l’emploi (en perdant les revenus d’assistance, l’emploi peut actuellement se révéler négatif en terme de pouvoir d’achat).Ce dispositif remplacera le RMI et à terme l’ensemble des minimas sociaux. 4 millions de personnes pourraient être concernées. Mais faute de marges de manoeuvre budgétaires, le niveau du barème (taux de cumul entre cette nouvelle prestation sociale et le salaire) risque de peser sur l’efficacité de la mesure. Quid des allocataires du RMI actuel qui ne retrouveront pas d’emploi, si le financement n’est pas suffisant ? Le budget des minimas actuels est d’environ 11,5 milliards d’euros, Hirsch souhaiterait obtenir au moins deux milliards de plus (mais avait chiffré son projet à 4 milliards avant d’être ministre) et le gouvernement devrait encore limiter l’effort. Et les départements expérimentaux ont souligné l’effort important d’accompagnement et de formation nécessaire pour la réussite du dispositif. Surtout, le postulat de départ est que les individus ne veulent pas « travailler » et qu’il faut donc les y inciter fortement, alors même que l’emploi manque. Cette mesure risque de favoriser indirectement le développement d’emplois à temps très partiel de mauvaise qualité et faiblement rémunérés, les patrons reportant sur le RSA le soin de procurer un revenu décent aux salariés. Les femmes risquent d’être les premières à en pâtir.
Le texte sera présenté en conseil des ministres le 3 septembre.
L’intéressement, pour ne pas augmenter les salaires
Examiné à partir du 22 septembre à l’Assemblée nationale, le projet de loi « en faveur des revenus du travail », veut instaurer un crédit d’impôt sur l’intéressement. Actuellement, un peu moins d’ un salarié sur deux bénéficie de l’épargne salariale, aussi l’objectif du gouvernement est aussi d’inciter les PME de moins de 50 salariés à se lancer. Le projet prévoit également de fixer la revalorisation annuelle du SMIC au 1er janvier (au lieu du 1er juillet) ; le smic est par ailleurs mis en cause par un rapport du Conseil d’analyse économique, qui considère qu’il n’est pas efficace pour réduire la pauvreté, et que son niveau « évince les travailleurs les moins productifs » et défavorise les jeunes peu qualifiés qui ont du mal à entrer sur le marché du travail.
Seule proposition concrète face à la hausse du coût des transports : une aide directe financée par l’ employeur. Plusieurs propositions avaient été faites en ce sens lors du grenelle de l’environnement mais non suivies d’effet. Mais le Medef a déjà fait savoir qu’il refusait d’ouvrir ce dossier !
Une session extraordinaire du Parlement a été convoquée pour le 22 septembre afin d’examiner les deux textes : celui sur l’intéressement et la participation des salariés, et le projet de loi créant le revenu de solidarité active (RSA)….,

L’assurance –maladie et le projet de loi santé patients territoires
Devant le tollé provoqué par les annonces sur les remises en cause du dispositif actuel concernant les Affections Longue Durée, Eric Woerth et Roselyne Bachelot ont pour l’instant reculé. Mais c’est un projet depuis longtemps dans les tuyaux y compris au niveau du Haut Conseil pour l’assurance maladie : 60% des dépenses sont le fait de 5% des malades, c’est donc ce noyau dur qu’il faut attaquer pour les réduire sensiblement, et ils pourraient donc y revenir. L’autre choix étant de sortir du champ de l’assurance-maladie les « petits risques ».
De toutes façons, la logique en oeuvre est celle d’un partage toujours plus poussé entre l’assurance maladie, les complémentaires et les individus. Le débat porte sur la nature du « risque » voire sur le comportement de l’individu. Dans le cadre du PLFSS 2009, les projets pour diminuer le « déficit » tournent notamment autour la surtaxation des complémentaires santé, annoncée cet été et vécue presque comme un soulagement après les menaces sur les ALD, mais qui va de fait retomber à court ou moyen terme sur les patients, même si la mutualité a affirmé qu’elle ferait le maximum pour l’éviter. Quand on connaît les difficultés des mutuelles aujourd’hui face à la concurrence des assurances privées, on peut être dubitatif et s’interroger sur l’accord signé par la FNMF avec Roselyne Bachelot cet été.
Pourquoi ne pas avoir décidé la taxation des stock-options, mesure un moment évoquée ?
Des économies sont annoncées sur les médicaments, les prescriptions et l’hôpital. La loi santé, patients, territoire dont les arbitrages ont été reportés, pourrait permettre quelques améliorations mais les logiques comptables (suppressions de lits d’hôpital notamment) devraient l’emporter sur la nécessité d’une véritable réforme de l’organisation du système de santé.

Grenelle de l’environnement

L’Elysée voit dans la mise en oeuvre des propositions du Grenelle de l’environnement "un nouveau moteur économique ». La mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, qui fait l’objet de deux projets de loi - le second ayant été transmis mercredi 20 août au conseil d’Etat - pourrait être accélérée. Les textes du Grenelle sont désormais considérés comme prioritaires. Le gouvernement a annoncé sa volonté de les faire adopter s avant Noël. Un objectif périlleux au regard de l’embouteillage législatif. JL Borloo espère obtenir dans les prochains arbitrages gouvernementaux, puis auprès du Parlement, plusieurs nouveautés fiscales :

- une extension du bonus-malus à plusieurs familles de produits matériels ;

- un élargissement de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) aux sacs plastiques, aux pesticides, aux granulats. Les recettes viendraient renforcer le budget de l’Ademe ;

- l’extension du prêt à taux zéro dans l’habitat aux travaux de rénovation thermique menés par les particuliers et les organismes sociaux ;

- une taxe sur les poids lourds (le gouvernement est d’accord, il faut convaincre l’Assemblée) à mettre en oeuvre en 2011, après l’installation du suivi satellitaire nécessaire ;

- le doublement des crédits d’impôts de soutien à l’agriculture biologique.
Il reste à convaincre les autres ministères, et notamment le budget, que ces mesures n’entraîneront pas de déficit supplémentaire,.
Services publics :
La Poste, vers la privatisation : La direction de la Poste a annoncé en Juillet que l’établissement public pourrait être transformé en société anonyme dès 2009 avant une ouverture de capital de 10 à 20%.
A la SNCF : selon la CGT, La SNCF délocalise ses activités dans les plateformes téléphoniques du Maroc pour la saisie des données des contrats de transport des marchandises.

.

-->
Vous êtes sur un site internet créé avec le système de publication SPIP.