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En débat

Construire et ne pas brûler les étapes :

Par Michel BRIAND (SNES) et Pascal ANGER (SNEP)

mardi 6 janvier 2009

En 1993 le SNES et le SNEP–exclus de la FEN- ont choisi de rester dans l’autonomie en construisant avec d’autres syndicats enseignants la FSU. En 2004 devant les mesures d’ostracisme persistantes des autres confédérations et leur volonté de nous marginaliser sans oublier la demande d’organisations syndicales quittant la CFDT et souhaitant rejoindre la FSU elle a décidé d’ouvrir son champ de syndicalisation aux trois fonctions publiques. Cette ouverture a été adoptée après des débats difficiles –y compris au sein d’U&A- et la mise en œuvre se fait très difficilement . A cela s’ajoute l’habitude de fonctionner exclusivement entre enseignants depuis la scission de 1947. Néanmoins cette ouverture commence à porter ses fruits si l’on en juge par les résultats obtenus aux élections professionnelles dans les secteurs autres que l’éducation . Le congrès de Marseille a conforté cette orientation en y ajoutant la nécessité du renforcement de la syndicalisation et le maintien de lieux d’échanges avec d’autres fédérations et confédérations syndicales. Le relevé de conclusions relatif à l’accord sur le dialogue social dans la fonction publique a finalement été approuvé par la FSU dans des conditions difficiles , ce qui prouve que chaque évolution doit être mûrement réfléchi et préalablement longtemps débattu !!

Telle est aujourd’hui la situation . Le résultat des élections professionnelles conforte la FSU comme première fédération de l’enseignement : avec 47% des suffrages, notre fédération enregistre une progression en voix et en pourcentage et même en participation (environs 65 % , à comparer aux prudhommales autour de 25%) ! Ces bons résultats valident notre orientation , il faut les corréler avec un développement de la syndicalisation afin de nous placer dans un meilleur rapport de forces face aux offensives gouvernementales. Rechercher l’unité d’action avec toutes les autres organisations syndicales, rechercher l’accord le plus large possible au sein de notre fédération, développer et faire vivre le courant de pensée U&A et pas seulement au plan national, associer tous les syndiqués à nos réflexions…. telles sont quelques unes des tâches auxquelles nous devons nous atteler avant de développer une stratégie visant à tirer un trait sur 61 ans de syndicalisme enseignant. Même si l’autonomie n’est pas une fin en soi, c’est certainement grâce à elle que nous avons préservé dans l’enseignement des taux de syndicalisation et une représentativité que nulle autre organisation n’a su à ce jour obtenir. Et en dernier ressort ce sont les syndiqués qui choisissent et le risque de perdre nombre d’entre eux en renonçant à l’autonomie ne doit pas être sous-estimé. Croire qu’une réforme de structure décidée par les appareils syndicaux serait la solution face à la difficulté de syndicalisation, au manque de militants, à l’insuffisance de construction de rapports de force locaux, masquerait les vraies difficultés et les enjeux, voire les aggraverait

La question du rapprochement qui est dans les mandats de la FSU sur la réunification syndicale doit s’inscrire dans un processus de débats à tous les niveaux en maintenant notre conception de syndicalisme de métier , de secteurs… de courant de pensée ; ce processus de rapprochement – qui ne peut pas se limiter à un tête à tête avec une seule confédération - doit être avant tout partagé par la grande majorité de nos syndiqués, tout en étant souhaité par les partenaires du rapprochement , celui-ci ne devant pas signifier absorption , confusion , disparition , mais projet syndical commun !

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