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En dťbat

Pour une FSU offensive qui contribue ŗ la construction d’un mouvement syndical plus uni et plus fort

lundi 2 février 2009

Les ťlections professionnelles viennent de se terminer : prud’homales, territoriale, Education Nationale, et le contexte est en grande partie nouveau, pťrilleux, mais plus ouvert que pendant les 25 derniŤres annťes. La crise ťconomique et sociale ouvre aujourd’hui des espaces possibles, face ŗ « l’impuissance des puissants 1 ». I. Wallerstein ajoutait : « Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un systŤme d’exploitation hťlas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modŤle plus ťgalitaire et redistributif. » Faisons en sorte que le mouvement syndical joue sa partition dans le sens de la construction d’une sociťtť plus juste. Pour cela, il devra s’unifier.

De la division syndicale ŗ la (rť)unification ? Le dťbat nťcessaire sur l’avenir de la FSU ne peut s’enfermer dans une alternative aujourd’hui sans issue : soit le maintien de l’autonomie dans la division syndicale, soit rejoindre une confťdťration. La 3e voie - celle d’une 8e confťdťration – conduirait ŗ une impasse, ŗ un ťclatement encore plus grand du mouvement syndical. Alors, comment avancer ? Il ne suffit pas de vouloir revenir sur la scission de 1947, donc pour la FSU de rejoindre la CGT. Nous ne sommes plus en 1947, la FSU n’est pas la FEN et le contexte n’est plus celui de la guerre froide. C’est aussi oublier qu’en l’ťtat, cette (rť)unification est fort problťmatique de part et d’autre ; Un syndicalisme dťmocratique ne peut naÓtre ŗ partir de la fusion d’appareils. La voie choisie par l’UNSA et la CGC vise avant tout ŗ prťserver l’appareil syndical : il s’agit de conserver ou conquťrir des « parts de marchť » : dťlťgations, subventions, permanents syndicaux… C’est se placer dťlibťrťment dans un syndicalisme intťgrť, en rťpondant favorablement ŗ la stratťgie de Sarkozy qui tente d’instrumentaliser le syndicalisme dans son jeu social, ŗ la condition que les syndicats accompagnent ses « rťformes » libťrale, dans le privť comme dans le public. La FSU est une force syndicale originale, dťmocratique et pluraliste, tournťe vers l’avenir. Ne raisonner que sur l’unification a priori avec la CGT, conduit ŗ esquiver le vťritable dťbat - quel nouveau syndicalisme construire ? – et de fait ŗ un immobilisme lourd de dangers pour l’avenir de la Fsu, comme pour celui du syndicalisme dans notre pays.

Quel syndicalisme ? La grave crise ťconomique et sociale dont on n’a pas encore perÁu tous les effets donne au mouvement syndical une responsabilitť majeure, et pour cela, il lui faut (re) conquťrir la confiance des salariťs. Plusieurs pistes sont ŗ explorer : dťvelopper une prťsence de proximitť sur les lieux de travail, faire vivre le syndicalisme ŗ l’ťcoute des salariťs en lieu et place d’un syndicalisme de dťlťgation, mieux articuler le triptyque actions-propositions-nťgociations appuyťes sur le rapport de forces : en clair, cesser d’opposer contestation et nťgociation, mais en faire une force dťmocratique. Il faut aussi travailler ŗ rapprocher les ťchelons syndicaux des salariťs et aller vers des structures syndicales moins autocentrťs, plus ouvertes, donc plus rťactives et plus efficaces, dťvelopper des formes de rassemblements du mouvement syndical, dans l’action comme sur des dossiers revendicatifs : l’aspiration croissante des salariťs ŗ l’unitť montre que c’est cela que beaucoup d’entre eux attendent du mouvement syndical dans le contexte politique, social et ťconomique actuel. (Ces questions se posent ŗ toutes les organisations comme elles se posent ŗ la FSU et ŗ ses syndicats).

Les enjeux Un des enjeux majeurs pour le syndicalisme est de travailler les solidaritťs entre salariťs du public et du privť : le constat est qu’aucune confťdťration n’est aujourd’hui en capacitť de le faire seule en son sein, que la FSU n’a aucune lťgitimitť en dehors du public. Il reste donc ŗ travailler avec d’autres et notamment avec la CGT et tous ceux qui le voudront pour construire en commun au-delŗ de la nťcessaire unitť d’action, des propositions alternatives sur le plan ťconomique, social, donc aussi en matiŤre de choix budgťtaires et d’avenir des services publics. Les sujets ne manquent pas. Quels financements des services publics, des retraites, de la protection sociale ? Quelle rťforme fiscale et quelles politiques budgťtaires ? Quels Services Publics nouveaux (eau, ťnergie, richesses du sous-sol, ťcologie …) ? Quelle formation pour les citoyens et salariťs dans le cadre de parcours sťcurisťs ? Les champs transversaux qui intťressent tous les salariťs ne manquent pas. En clair, il nous faut inverser le cours du discours dominant : l’ťclatement de la « bulle idťologique » (l’hťgťmonie du libťralisme depuis 25 ans) devrait nous aider ŗ reprendre la main. La situation ťconomique et sociale change et le mouvement syndical doit se saisir des opportunitťs.

Quel rŰle pour la FSU ? La FSU, par ses analyses, son lien avec les adhťrents, par le vote des personnels confirmť le 2 dťcembre dans l’ťducation, reprťsente une orientation - pour un syndicalisme de transformation sociale - qu’il faut prťserver et dťvelopper, tout en la faisant ťvoluer pour rťpondre aux dťfis actuels. Dans le paysage syndical actuel, qui d’autre peut mettre, comme le disent Les Echos dans un rťcent article, 50 000 personnes dans la rue ? Il ne peut Ítre question de brader ce potentiel. Puissante, la FSU l’est dans l’ťducation. Mais l’ťducation est bien plus qu’un champ syndical : c’est un service public auquel les FranÁais sont attachťs, un secteur majeur allant bien au-delŗ de simples enjeux « corporatistes ». En cela, la FSU constitue une composante importante du paysage syndical, et pourtant, elle est loin de peser sur l’ensemble des dossiers. La FSU, majoritaire dans l’ťducation, fait son entrťe dans la FP territoriale. Elle a une responsabilitť pour assurer la dťfense des personnels de la FP, le dťveloppement des services publics. On ne peut que regretter les choix du syndicalisme confťdťrť (CFDT mais aussi CGT) qui, faisant porter tous ses efforts sur le privť, nťglige les dossiers FP, ce qu’on peut observer dans les rťgions, ou au COR notamment, et que constater que cette stratťgie conduit ŗ une impasse.

Une urgence : mener le dťbat Sur toutes ces questions, le dťbat doit Ítre menť au sein d’Unitť et Action, sans tabous, sans a priori, de faÁon large, c’est-ŗ-dire trŤs au-delŗ du seul cercle d’initiťs, avec tous les syndiquťs. Ecoutons aussi l’ensemble des salariťs, ce que les jeunes ont ŗ dire sur ces sujets. Que peut faire la FSU dans le paysage syndical aujourd’hui ? Elle ne peut pas se laisser marginaliser : elle doit persťvťrer et dťvelopper sa capacitť ŗ peser dans la construction d’actions unitaires, tout en proposant toujours le travail en commun sur des dossiers que nous travaillons dťjŗ de faÁon convergente par exemple dans les CESR. Ces pratiques doivent s’ťlargir ŗ la vie syndicale quotidienne : celle des mobilisations unitaires, qui ne peuvent aboutir que si le mouvement syndical est porteur d’alternatives crťdibles. Chemin faisant, il faudra crťer des formes de partenariat permanent, y compris structurť ; il faudra poser la question de notre reprťsentativitť dans les nťgociations sur tous les sujets transversaux. Il faut persťvťrer dans toutes les formes de constructions unitaires. MÍme si la voie n’apparaÓt pas facile. Dans l’immťdiat, la FSU doit proposer aux autres forces syndicales une grande initiative sur les services publics dans les dťpartements, les rťgions, les localitťs, en associant partout trŤs largement au-delŗ des salariťs, usagers, citoyens, ťlus, afin de faire de ce dossier une question majeure du dťbat politique. Et pour cela, s’il le faut, prendre les devants ! C’est sa responsabilitť.

Josiane Dragoni, Bernard Duffourg, Jean-Louis Maillard, Daniel Rallet.

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