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En débat

L’heure est-elle ordinaire pour le syndicalisme ?
Face à la crise, la responsabilité du mouvement syndical

Contribution Unité action – 19/11/2011
Josiane Dragoni - Daniel Rallet

lundi 21 novembre 2011

La crise aura des conséquences sociales et politiques terribles si les choix actuels perdurent. Le syndicalisme serait aussi invalidé : avec la généralisation des plans d’austérité, l’espace de la négociation sociale se vide. Sur les questions des salaires, de l’emploi, de la protection sociale, des statuts, des services publics, ce sont toutes les avancées sociales de l’après-guerre qui sont menacées. La France est attaquée sur les marchés financiers et l’engrenage des plans d’austérité nous menace directement. Au nom de la dette publique, plus aucune revendication n’est légitime : le syndicalisme est attaqué dans ses fondements.

Nous entrons dans une époque nouvelle et largement inconnue, où pourtant rien n’est inscrit d’avance, car d’autres choix existent et sont possibles. Le mouvement syndical doit aider à les faire émerger et, espérons-le, à les faire triompher. La question européenne et sa crise qui légitime ces attaques nous concerne donc directement. En 2005, il y a eu un véritable débat citoyen sur le TCE auquel nous avions participé en tant que mouvement syndical, tout en laissant nos syndiqués libre de leur choix. Aujourd’hui, la situation est différente, même si certaines questions ont déjà été débattues à l’époque. La principale préoccupation est d’éviter que se produise en Europe le scénario du pire. C’est pour cela que l’heure n’est pas ordinaire. En tant que mouvement syndical, nous sommes contraints de nous intéresser à des questions directement politiques. Ce n’est pas complètement nouveau, mais cela devient pressant.

Le premier objectif est d’éviter le scénario catastrophe. Pour cela, il faut sortir la dette publique des mains des marchés financiers, et éviter la récession généralisée qui est annoncée. Les solutions existent : monétisation de la dette par la BCE ; décisions destinées à désarmer la finance (interdiction des marchés de produits dérivés, séparation des banques de dépôt et d’investissement, taxe sur les transactions financières, interdiction des paradis fiscaux,…) ; lutte contre le dumping fiscal (qui assèche les recettes des Etats) ; développement des moyens de financement à l’échelle européenne… Cet ensemble devrait être partie intégrante du corpus revendicatif central du syndicalisme, impliquant des mobilisations. Il ne s’agit plus de traiter la question de la crise comme un élément du contexte social : il faut à tout prix éviter le naufrage économique et social. Le mouvement syndical doit aussi se préoccuper de la question de la démocratie fortement compromise par le refus de consulter les peuples, et par la prise en main des questions européennes par un nombre réduit d’Etats au détriment de la souveraineté des autres. Dans ces domaines là aussi, nous devons faire des propositions.

Sur le plus long terme, les questions de la politique industrielle dans le processus de transition écologique, du contrôle public sur les banques et le crédit, des ressources fiscales nécessaires à l’action publique en particulier pour combattre les inégalités, de la politique sociale et des services publics doivent discutées afin que le syndicalisme soit en capacité de faire des propositions à la hauteur des enjeux. Les revendications que nous avons déjà et que nous devons continuer à porter doivent être relues à l’aune de cet objectif.

Aujourd’hui, la plupart des résistances se font à l’échelle nationale. Il y a à réfléchir sur une question qui n’est pas simple : comment construire des mobilisations européennes ? On ne peut se satisfaire de la situation actuelle. Au-delà des démarches unitaires et dans le cadre de notre mandat d’unification, la FSU pourrait proposer de travailler ces questions : quelles propositions syndicales, quelles mobilisations nationales et européennes ?

En résumé, il y a l’urgence et des portes à ouvrir.

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