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Séminaire août 2005 : quelle orientation pour UA ?

dimanche 28 août 2005

UNITE ET ACTION : QUELLE ORIENTATION ?

Par Josiane Dragoni, août 2005

Voici quelques lignes pour ouvrir le débat sur un sujet souvent évoqué mais rarement approfondi : la question de l’orientation Unité et Action. Ce texte n’est qu’un point de départ, forcément incomplet, partiel. Ce sera le rôle du séminaire de proposer une première élaboration collective en terme d’orientation.

Problématique

UA se structure véritablement au moment où cette tendance conquiert la majorité dans un certain nombre de syndicats. Elle développe alors sur de nombreux sujets une orientation syndicale UA.

Le contexte est alors fondamentalement différent de celui d’aujourd’hui. L’ensemble des forces syndicales dans les années 60-70 a comme perspective l’émancipation des salariés dans une société socialiste (avec un socialisme certes pensé différemment à la CGT ou à la CFDT...). Mais le projet de transformation de la société est laissé aux partis politiques. On n’oubliera pas non plus que le marxisme structure alors l’ensemble de la vie intellectuelle et culturelle surtout en France. La crise économique, ou plutôt la « grande transformation » des années 80 bouleverse la donne avec la structuration d’un courant libéral de combat au niveau mondial, puis la chute du communisme. Le libéralisme triomphe momentanément : certains ont pu écrire que c’était la fin de l’histoire. Mais s’ouvre en fait après, ou avec, la crise économique une crise majeure du politique et de la démocratie représentative ou libérale, une crise sociale, une crise du syndicalisme...

Dans un tel contexte, UA a d’abord fait preuve d’une grande vitalité.

En 1992-93, UA a empêché la FEN d’en finir avec le SNES, le SNEP et le syndicalisme qu’ils représentent. Nous avons aussi réussi à construire une nouvelle fédération rapidement devenue majoritaire au sein du monde enseignant, puis occupant la première place dans la fonction publique d’Etat. Mais la vie de la tendance s’est rapidement éteinte, notamment au niveau fédéral.

La FSU affronte aujourd’hui de graves crises de fonctionnement qui ne sont pas simplement des difficultés de croissance, comme ce pouvait être le cas les premières années. La tendance UA se divise lors du congrès de Perpignan sur la question de l’élargissement. Le courant EE poursuit quant à lui sa progression. Au SNES, où la décision a été prise collectivement de remettre sur pied une vie de tendance, les choses ont avancé, mais on en reste à un niveau insuffisant de réflexion et d’élaboration collective. En terme d’orientation, UA, surtout au niveau fédéral, se trouve dans l’incapacité d’élaborer de véritables alternatives économiques et sociales, en matière de service public, d’école, de fonction publique, de démocratisation de l’Etat... face aux conceptions libérales dans leurs différentes variantes.

Enfin, la tendance aujourd’hui est devenue très diverse, ce qui devrait être une source de richesse si la vie de tendance fonctionnait et si UA définissait démocratiquement son orientation. Comme ce n’est pas le cas, la diversité devient une forte hétérogénéité qui paralyse la tendance (surtout à la FSU) et laisse le champ libre à EE. Autant dire une situation qui menace l’avenir de la FSU, et du SNES.

I. LES CAUSES DES DIFFICULTES RENCONTREES SONT UN PROBLEME D’ORIENTATION

1/ Les problèmes

On pourrait faire la liste de tous les dysfonctionnements actuels à la FSU et au SNES, et en dégager quelques perspectives en terme de fonctionnement. C’est ce que nous avons commencé à faire au congrès du SNES, dans le cadre du groupe de travail SNES-UA, au Conseil National de juin.

L’hypothèse est que ce travail est nécessaire, mais insuffisant par nature, voué à l’échec si l’on ne débat que de structures syndicales, qu’il s’agisse de la direction nationale, ou des S3 et S2. La cause première de nos difficultés ne réside pas dans une mauvaise organisation (de la FSU ou du SNES), mais de problèmes liés à l’orientation. Pur le dire autrement, la question première n’est pas finalement de trancher sur le nombre de secrétaires généraux ou nationaux, de secteurs et de leur étendue, mais de déterminer ensemble quelle orientation syndicale on se donne, et de l’élaborer collectivement et démocratiquement.

Certes, nous avons bien des débats d’orientation lors de nos CA ou dans un congrès. Mais ces débats sont en général conjoncturels : il s’agit de définir l’action à proposer en fonction du rapport de forces à tel moment, ou de l’appréciation à porter sur telle initiative gouvernementale circonscrite à un champ précis (tantôt la déconcentration du mouvement, la remise en cause du lycée, puis la décentralisation etc.) En particulier depuis la période Allègre, qui a marqué le début d’une vaste offensive contre le service public d’éducation et singulièrement le second degré, nous sommes sans cesse acculés et le dos au mur, réduits à une position purement défensive.

Autant dire que nous sommes en panne d’une orientation UA plus structurelle, qui permette de se projeter et de dessiner des perspectives alternatives. Mais force est de constater que nous avons aussi toujours un temps de retard par rapport aux initiatives gouvernementales. La décentralisation nous a « surpris » en octobre 2002, alors même que tous les éléments étaient en place depuis longtemps, et en particulier depuis 1993 pour ce qui concerne la formation professionnelle. On pourrait poursuivre avec les questions de déconcentration cette année (mouvement, hors-classe) puis fonction publique.

2/ La question de l’orientation : essai de définition

a/ Du passé au présent

Historiquement, on peut considérer que le courant UA est une synthèse des courants qui ont fondé en France un syndicalisme spécifique, de tradition révolutionnaire (au sens du syndicalisme révolutionnaire puis de tradition communiste ). Mais syndicalisme de masse aussi, il a toujours eu son autonomie propre, même si la CGT ou UA était adossé au PCF et on ne peut considérer qu’il en était la simple courroie de transmission (certes avec des différences selon les époques).

Dès le cours des années 70, les choses évoluent , avec la volonté d’UA de se doter « d’outils propres de réflexion », et au cours des années 80, l’idée largement partagée est que le mouvement syndical ne doit plus abandonner au politique le soin d’effectuer les grands choix de société.

Certes, on peut constater qu’il était certainement plus facile d’avoir une orientation critique, contre la direction UID de la FEN, qu’une orientation positive directement liées aux responsabilités qui sont les nôtres aujourd’hui : faire vivre démocratiquement une fédération, obtenir des avancées, participer à la construction (à la reconstruction ?) d’un syndicalisme unitaire dans ce pays. Mais la cause de nos difficultés à définir une orientation est essentiellement structurelle : c’est l’ensemble du syndicalisme qui peine aujourd’hui à trouver une nouvelle orientation dans un contexte difficile, à savoir un contexte où le rapport de forces favorable au salariés (1945-années 1970) s’est inversé.

b/ Les difficultés

Ce que l’on peut appeler la révolution libérale a une longueur d’avance sur les forces sociales, ce qui place le syndicalisme sur la défensive et en positon de refus. Sauf évidemment à opérer le choix de la CFDT, et d’accompagner les « réformes » libérales, ce qui est précisément un vrai choix d’orientation.

Faut-il rappeler que c’est dès les lendemains des évènements de mai 1968, en 1971, que Chaban-Delmas, aidé par J. Delors théorise la « nouvelle société » ? L’ensemble des moyens que se sont donnés les différents gouvernements au niveau mondial pour combattre le communisme, mais surtout finalement pour inverser le partage des richesses - devenu trop favorable aux salariés dans les années 60/70 - ont été largement décrits ailleurs : on n’y reviendra pas largement ici. Soulignons toutefois que le renversement se produit au tournant des années 80, avec l’offensive libérale anglo-saxonne et l’affaiblissement du marxisme dans le monde intellectuel. On connaît la suite : la fondation Saint-Simon, P. Rosanvallon, F. Furet et la « deuxième gauche » triompheront en 1989, précisément aussi l’année du bicentenaire de la Révolution Française. La pensée critique, la critique sociale accumulent les retards, se contentant, au mieux, de dénoncer « le libéralisme » dominant. Du « Monde Diplomatique » à « ATTAC » en passant par les forums sociaux, les tentatives de regroupement des forces contestataires ne manquent pas et ont certes marqué des points depuis quelques années. Pour autant, ce qui est frappant, c’est l’incapacité générale de ces différents mouvements contestataires à proposer des alternatives et d’autres choix crédibles. La radicalité du propos et de l’orientation, la dénonciation permanente, sans oublier les luttes intestines ne sauraient fonder une démarche syndicale - ou dite du mouvement social - qui soit à la fois offensive et de masse, susceptible d’obtenir des avancées, et pas seulement des reculs momentanées (95), voire pas de reculs du tout (la période récente).

De fait, la crise du politique dans ses deux dimensions n’épargne pas le syndicalisme. Orphelin de toutes perspectives politiques, incapable de faire aboutir des revendications notables depuis les années 90, réussissant au mieux à stopper ou retarder l’entreprise libérale, le syndicalisme, qui est aussi une forme de représentation n’apparaît plus porteur (cf la chute du nombre d’adhérents, la progression de l’abstention sont assez généralisée ...).

c/ Points d’appui pour reconstruire une orientation

Pourtant, UA, qui dirige le SNES, la FSU... dispose incontestablement de points d’appui fort pour avancer. Au milieu de la tourmente, notre syndicalisme ne se porte pas le plus mal.

- Il demeure attractif, comme le démontrent les demandes d’adhésion à la FSU, notamment après 2003.

- Il est démocratique et ne connaît pas les lourdeurs bureaucratiques des confédérations du « club des cinq », qui largement subventionnées puisque reconnues représentatives a priori depuis 1966 entretiennent des armées de permanents...

- Il a de la ressource : notre réflexion collective en matière de retraites ou de protection sociale, de formation des jeunes et des salariés ou sur la question européenne n’a rien à envier à la plupart des autres formations syndicales , qui ont pourtant des moyens sans commune mesure avec les nôtres (non seulement on peut considérer que le syndicalisme confédéré est sous perfusion directe en matière de subventions diverses, mais il dispose aussi de nombreux avantages comme par exemple le fait de siéger en nombre au CES, dans les CESR et diverses autres institutions, ou encore d’utiliser l’IRES et ses chercheurs... alors même que la CGC ou la CFTC ont moins d’adhérents que la FSU.

- Nous avons su aussi assez bien adapter nos structures de fonctionnement aux évolutions en cours, notamment la volonté de démocratie directe et nous faire entendre aussi bien dans les AG de grévistes que dans le cadre des divers forums, tout en étant présents aussi au niveau du syndicalisme européen.

- De façon assez empirique, mais c’est le propre de la démarche syndicale, nous avons aussi assez bien réussi à positionner la FSU sur les grands sujets.

d/ Existe-t-il une orientation UA ?

Certes, on peut résumer les grandes lignes d’une orientation UA, qui fait accord entre nous :

- syndicalisme démocratique et de transformation sociale,

- qui n’a de cesse à construire l’unité syndicale la plus large

- qui œuvre à la réunification - ou à l’unification - syndicale,

- en capacité d’exprimer son refus ou son opposition, mais aussi d’avancer des propositions,

- syndicalisme menant l’action de masse et la lutte, pour construire un rapport de forces favorable dans le but d’engranger des avancées tant pour ses mandants que pour le service public.

Mais il y aussi tout ce qu’on n’aborde jamais, ou trop peu. Nous voulons la transformation sociale, mais pour construire quelle société ? Une société plus juste, plus démocratique, plus solidaire... C’est pour le moins quelque peu insuffisant. Notons que la CFDT partage ces positions-là.

Il y a aussi le non-dit, les sujets évités ou à peine abordés, ou encore qu’on laisse à quelques-uns le soin de travailler, sans que ce travail irrigue la pensée syndicale. Ce fut l’Europe, jusqu’à ce que le référendum provoque un vrai débat démocratique dans le pays, et nous oblige à en débattre syndicalement, sur le fond, et en terme d’orientation effectivement. C’est le cas de la Réforme de l’Etat et des questions fonction publique, de la décentralisation (qui a toutefois été mise sur la place publique en 2003) alors même que ces questions sont au centre de toutes les problématiques qui affectent la place de l’école, de notre statut et de nos carrières. Il s’agit aussi des rapports du syndical et du politique... Ce sont des sujets difficiles pour le syndicalisme, car ils touchent tous au politique. Alors on préfère les éviter, du moins, on ne les aborde vraiment que contraints et forcés par les décisions gouvernementales, car au sein de la tendance, nous avons, ou pouvons avoir des convictions différentes. Pourtant, ces sujets nous rattrapent périodiquement...

II. POUR UNE ORIENTATION UA

Nous devrions être en capacité d’élaborer une analyse et une orientation Unité et Action sur l’ensemble des sujets qui se trouvent aujourd’hui dans notre champ syndical, et ce en fonction du contexte actuel qui est fondamentalement différent de celui qui a vu naître et se développer la tendance.

Pour ce faire, notre diversité doit être considérée comme une richesse, qui nous permet d’être précisément ancré dans la profession, et qui nous met en capacité d’élaborer une orientation offensive mais aussi de masse, porteuse d’avenir.

Plusieurs conditions doivent être réunies.

Première condition : élaborer collectivement et démocratiquement cette orientation, ce qui signifie se donner les moyens d’organiser de véritables réflexions et débats au sein de la direction nationale UA (CA, CN, BN), dont la responsabilité est de proposer une orientation syndicale qui doit être débattue et tranchée par l’ensemble des syndiqués. Nous devons sans plus tarder nous emparer de tous les sujets qui se trouvent dans le champ de notre action syndicale, même s’ils sont difficiles car conflictuels par nature. Il en est ainsi notamment des chantiers suivants :

- Réforme de l’Etat et tout ce qui en découle pour nous : LOLF, réforme de la fonction publique, déconcentration et décentralisation, réforme de l’école.

- Politique économique, budgétaire, fiscale...

- Politique de l’emploi et de la formation des salariés, problématique de la formation, continue tout au long de la vie et société de la connaissance : la place de l’école

- Démocratie, citoyenneté et formation du citoyen : la place de l’école

- Avenir du syndicalisme et d’abord de la FSU. C’est dans ce cadre-là qu’il faut approfondir la question des rapports entre syndicalisme et politique, et le rôle du syndicalisme aujourd’hui.

- Et bien entendu quel projet pour l’école et la formation de tous, jeunes et adultes.

Deuxième condition : sur chaque sujet, nous devrions être en capacité de produire une analyse critique approfondie (et pas seulement un rejet protestataire), mais aussi de formuler des propositions alternatives.

Troisième condition : sur tous ces sujets, des milliers de pages ont été écrites, et il existe une pensée dominante et combien pesante qui s’étend du pur libéralisme au social-libéralisme. La pensée critique a pourtant fait un retour en force après 1995, mais le meilleur y voisine avec le pire. Nous devons au maximum connaître les réflexions qui se mènent ailleurs. Le rôle de l’Institut de la FSU est précieux de ce point de vue. Encore faudrait-il qu’il irrigue la pensée syndicale collective, ce qui est très loin d’être le cas.

On peut, on doit faire largement appel à des « experts » dans toute leur diversité de façon à enrichir ce que l’on pourrait appeler nos horizons ou notre fond culturel. Mais on doit surtout retravailler syndicalement l’ensemble des idées, de façon précisément à définir une orientation syndicale. Toutes les idées ne se valent pas, fussent-elles nouvelles, et il n’y aucune raison de sombrer dans le relativisme.

Il nous faut aussi, il va sans dire, éviter le travers de la CFDT qui a fait appel essentiellement à partir de son recentrage à des experts qui ont alors pensé à la place des syndiqués ( cf la 2° gauche, Rosanvallon et quelques autres...).

Quatrième condition : il ne s’agit en aucun cas d’établir ce qu’on pourrait appeler un corpus UA figé, ou une sorte de nouvelle doctrine ou idéologie. Le temps du prêt-à-penser est révolu, et c’est une très bonne chose. Il ne s’agit pas non plus :

- Ni d’importer d’ailleurs des solutions toutes faites (contrairement au fonctionnement de l’EE).

- Ni d’ignorer ce qui se passe autour de nous, y compris quand on est en désaccord : dans le monde syndical, « alternatif » (ATTAC, forums etc...), politique , associatif mais aussi scientifique : la recherche dans tous les domaines - pas seulement en économie et sociologie - peut nous aider dans notre réflexion. Il en est ainsi de l’histoire ou de la philosophie mais aussi des débats dans le monde artistique et de la culture par exemple.

Première tentative de conclusion

Il s’agit somme toute d’inventer ensemble une nouvelle façon démocratique de définir une orientation dans une démarche pragmatique : c’est-à-dire une réflexion collective toujours enracinée dans notre pratique syndicale, et non pas à partir d’un a priori idéologique.

Aujourd’hui, plus rien ne fait consensus spontanément au sein de la tendance. Certes, hier, ce n’était pas le cas non plus. Mais la perspective était la même pour UA et au-delà, pour le syndicalisme : en 1971-72, c’était le programme commun et le socialisme, u projet global d’émancipation sociale qui n’existe plus.

Il faut donc se donner les moyens d’élaborer ensemble cette orientation, cette position commune qui n’existe plus a priori quel que soit le sujet abordé. Rien ne serait pire que de continuer à ignorer ces problèmes de fond, et de ne pas en débattre. Sinon, on laisse aux autres - le politique, mais aussi les autres syndicats...- le soin de définir l’avenir de la société. Or, en dehors du projet libéral que l’on peut assez bien cerner, on ne peut qu’observe la vacuité de la plupart des analyses ou propositions qui se veulent pourtant sur une orientation différente ...

Faisons en sorte que nos cadres syndicaux (soit le S4, les S3 et les S2, mais il faut aussi évoquer les S1) aient une réflexion générale sur l’ensemble des problèmes que nous rencontrons. Cette réflexion est de fait de nature politique, entendu au sens syndical du terme. Un dirigeant syndical ne peut pas se permettre d’ignorer des aspects majeurs des transformations politiques et institutionnelles en cours.

Pour prendre un exemple simple, les questions de hors-classe ou de mutations ne peuvent être l’apanage du seul secteur qui en a la charge au S4 et des préposés au « corpo » dans les S3. On ne peut valablement réfléchir sur ces questions qui ne sont pas seulement « corpo », indépendamment des projets de transformation du statut de la fonction publique, de la réforme de l’Etat ; mais il y a aussi des liens directs l’autonomie des établissements ou le rôle du chef d’établissement et donc tout le fonctionnement de l’école ! Plus largement, tout ce qui touche à la déconcentration et à la décentralisation ne peut être ignoré des militants qui travaillent sur d’autres sujets !

Il faut ajouter que si UA ne se donne pas les moyens d’une telle réflexion collective pour définir son orientation, sa « politique syndicale » somme toute dans toutes ses dimensions, elle laisse le champ libre à tous ceux qui politisent le débat syndical à partir du champ politique (cas de l’EE par exemple). Et il faut bien constater que seule une infime minorité de jeunes parmi ceux qui adhèrent au SNES reçoit une formation politique, et qu’il s’agit de la LCR ou de la gauche du PS, ce qui devrait nous interroger.

Il y a enfin une raison supplémentaire qui nous oblige à débattre ensemble (et notamment S3/S4) d’orientation : la mise en œuvre des décisions nationales de l’Etat est le fait des autorités déconcentrées et décentralisées. Il y a de nombreux points communs d’une Région à l’autre ou d’une Académie à l’autre puisque la stratégie est définie nationalement par le gouvernement, mais aussi bien des différences. Cette situation place le syndicalisme pyramidal et calqué sur l’Etat jacobin que nous sommes dans une situation périlleuse. A ne pas prendre en compte cette réalité, le SNES, mais surtout la FSU ne se donne pas les moyens d’agir avec efficacité par exemple au niveau régional .

Il ne semble pas inutile d’effectuer un petit retour en arrière pour mieux percevoir les nouveautés d’aujourd’hui.

III. UNITE ET ACTION ET LA FONDATION DE LA FSU

Il ne s’agit nullement de reprendre ici l’histoire de la tendance, travail que l’on pourrait se donner comme objectif d’accomplir et qui serait nécessaire dans le cadre du renouvellement des générations, mais pas seulement : les militants en activité quand le SNES est devenu UA et quand la tendance s’est structurée sont déjà partis à la retraite. On se contentera de quelques éclairages, partiels et d’ailleurs partiaux, émis en forme d’hypothèses, pour mieux éclairer les difficultés actuelles.

1. L’orientation UA

a. La FEN en 1948

En choisissant l’autonomie en 1948, la FEN a conservé en son sein l’ensemble des courants syndicaux qui composaient la CGT. Pour cela, elle a reconnu le droit de tendances . La suite est connue : un fort taux de syndicalisation dans le monde éducatif (+ 500 000 adhérents en 1978), en capacité de pouvoir imposer un rapport de forces favorable. On sait aussi ce que ce système devait à l’ « Empire de la FEN ».

b. UA se structure autour de 1970 : quelle était alors son orientation ?

UA affiche une opposition résolue au système des tendances, « obstacle à la démocratie syndicale », mais dénonce la théorie imposée par la direction de la FEN de l’homogénéité des exécutifs (qui exclut toute participation UA et en particulier des syndicats de second degré lesquels sont représentés par les minoritaires au bureau fédéral !)

On peut résumer ce qu’on peut appeler alors le « corpus » UA.

- Syndicalisme unitaire, de masse et de lutte de classes qu’UA oppose au réformisme des autonomes (devenus ensuite UID).

- Opposition au pluralisme syndical, défini comme plusieurs organisations syndicales constituées à partir d’options religieuses -CFTC-, ou politiques.

- L’école n’est ni libératrice ni émancipatrice ; mais le « savoir est un outil dans la lutte pour l’émancipation sociale », la lutte pour la démocratisation de l’enseignement fait partie d’un combat plus général.

- UA se prononce pour l’élévation du niveau de recrutement des maîtres et la formation à l’université (pour les instituteurs), mais aussi pour l’élévation de la qualification des travailleurs (NB : 1970 : accord interprofessionnel et loi de 1971 sur la formation professionnelle).

- Pour ce qui concerne la fonction publique : salaires (dont notamment hiérarchie des salaires), échelle mobile, sécurité sociale...

- Le syndicalisme doit participer à l’établissement d’un programme commun, la perspective étant le socialisme. Dénonce l’interdiction hypocrite du cumul des mandats politiques et syndicaux.

UA se structure alors en élaborant tant sur l’école que sur la fonction publique une véritable orientation alternative aux orientations fédérales (ou à celles du SNI...).

2/ Le rôle d’UA lors de la fondation de la FSU

a. Les années 80

Le SNES joue un rôle pivot au sein de la tendance, mais c’est aussi grâce à l’existence de SD-FEN UA qu’une orientation UA peut être définie en 1992 lors de la scission, notamment grâce à un travail premier/second degré. Cette page d’histoire reste à écrire . On peut faire l’hypothèse que c’est en portant une orientation précise et démocratiquement élaborée, une orientation en phase avec la profession, que les syndicats UA et les SD FEN-UA développe d’abord leur influence au sein de la FEN, puis finalement empêchent les objectifs de la direction UID de la FEN de se réaliser, à savoir la recomposition syndicale que la FEN essaie de mettre en œuvre dès les débuts des années 80. Cette orientation UA couvre largement les questions de fonction publique, de décentralisation, de la démocratisation de l’enseignement et en particulier le concept d’investissement éducatif porté par le SNES.

b. La scission (1992)

Dans un contexte difficile, l’orientation peut alors se résumer ainsi : préserver un syndicalisme unitaire, de masse et de transformation sociale, ce qui supposait à la fois de garder intactes les forces des syndicats exclus (SNES et SNEP), mais aussi d’agglomérer autour d’eux tous ceux qui étaient en opposition avec la stratégie et l’orientation fédérale, soit en fait une majorité de syndiqués.

Il s’agit aussi de constituer rapidement une nouvelle fédération, afin d’éviter la marginalisation de syndicats certes puissants dans leur secteur, mais qui auraient rapidement périclité, en l’absence d’une structure qui permettait d’assurer leur représentativité et leur reconnaissance.

C’est ce qui est réalisé, mais ceux qui ont vécu cette période se rappellent que les choix ne se sont pas faits aussi simplement que ce résumé pourrait le laisser supposer... En particulier pour entraîner l’ensemble de la tendance dans la construction d’une nouvelle fédération et créer le SNUIPP.

c. La construction de la FSU

Les premières années sont consacrées à la fondation de la FSU : son premier congrès, la rédaction et l’adoption de ses statuts assez particuliers, des statuts de compromis qui permettent de constituer une FSU avec 3 tendances : UA, EE et Autrement.

La FSU se construit reprenant pour partie les caractéristiques de l’ex-FEN, à savoir :

- L’autonomie.

- La place des syndicats : la fédération est avant tout une fédération de syndicats nationaux.

- Le droit de tendances.

Par contre, en opposition à la FEN, elle instaure :

- les exécutifs hétérogènes,

- un élément essentiel de compromis qui a permis la création de la FSU et qui se traduit dans les statuts : la tendance majoritaire ne peut avoir au plus que 49% des mandats et les votes ont lieu à la majorité qualifiée de 70%. Il s’agissait d’éviter toute nouvelle hégémonie d’une tendance et/ou d’un syndicat. Le 3° pilier (en dehors des syndicats et des tendances) est normalement les sections départementales, mais celles-ci ont de fait peu de poids à l’intérieur de la fédération.

Très vite la FSU joue un rôle important dans les mobilisations en 1994 (loi Falloux) puis surtout en 1995. Ses succès aux élections professionnelles dès 1993, confortés en 1996 en font une force syndicale incontournable. Elle incarne alors le renouveau syndical, l’unité, une façon nouvelle, ouverte, démocratique, de faire du syndicalisme. Elle participe pleinement au « mouvement social » naissant (Etats-Généraux). C’est la période aussi où sont travaillés dans les congrès du SNES et de la FSU la nécessité pour le syndicalisme d’élaborer des alternatives économiques et sociales au libéralisme.

d. Les difficultés

Les premières graves difficultés correspondent au retour de la gauche au pouvoir et à la période Allègre, avec un gouvernement qui avait délibérément choisi d’affaiblir un syndicalisme qui avait incontestablement marqué des points : d’une part en 1989 avec la revalorisation en lieu et place de ce que Rocard avait alors concocté en liaison étroite avec la direction UID de la FEN (c’était déjà le salaire au mérite), et d’autre part de l’échec de la tentative de la FEN en 1992 pour réduire au silence l’orientation UA.

En terme d’orientation, il semble nécessaire de revenir sur cette période.

Le SNES et le second degré se retrouvent très isolés que ce soit vis-à-vis de l’opinion publique, (résultat des propos démagogiques et populistes d’Allègre), par rapport aux autres syndicats (SGEN et UNSA partagent l’essentiel des propos du ministre), mais aussi, et c’est plus grave, à l’intérieur de la FSU et d’UA. Les divergences premier degré/second degré font un retour en force. Allègre joue une carte essentielle après les échecs précédents de recomposition syndicale : la division à l’intérieur de la FSU en opposant premier et second degré. Agressé violemment dès mai-juin 1997, le SNES hésite dans sa stratégie. Ces hésitations sont pour partie le reflet de la profession, qui ne réagit pas unanimement. Dans le second degré, certains sont prêts à en découdre immédiatement. Mais il y a aussi tous ceux qui hésitent, qui ne peuvent comprendre une telle situation avec un gouvernement de gauche alors même que la FSU était montée en première ligne en 1995 contre Juppé, et que la victoire de la gauche en 1997 en était le résultat. Au-delà du second degré, non seulement la direction du SNUIPP, mais la masse des collègues du premier degré ne font pas la même analyse que le SNES de la situation, ce qui peut s’expliquer en partie, puisque Allègre fait porter tous ses coups contre le second degré (et le lycée). Comment comprendre notre opposition à une gestion déconcentrée, que le premier degré dit connaître depuis toujours ? Mais au fond n’y avait-il pas déjà entre nous divergences d’analyse sur la nature des attaques, appréciées par les uns comme une des pièces essentielles de la « réforme de l’Etat » libérale, par d’autres comme une attaque plus limitée à l’école et au second degré ? N’y avait-t-il pas une divergence d’analyse politique, toujours au sens syndical du terme notamment au sein d’UA-FSU ?

Les difficultés d’orientation sont balayées par le mouvement de masse dans l’enseignement en 1999 et surtout 2000. L’unité se reforme y compris avec le SGEN et l’UNSA, tant les bornes ont été franchies par un ministre qui a réussi à mettre toute la profession (et aussi les lycéens !) dans la rue : les taux de grévistes sont énormes, tout comme les manifestations.

Pourtant, la FSU, et singulièrement le SNES marquent les premiers signes d’essoufflement : syndicalisation, et élections professionnelles (1999, et surtout 2002). La relative désaffection semble profiter surtout à Sud-Education, mais aussi à la désyndicalisation (et l’abstention). De fait, dans un paysage syndical toujours que plus divisé, dans un contexte toujours plus difficile, UA peine à trouver, à définir, à élaborer une « orientation » pour rassembler la majorité de la profession. Au SNES, la vie UA tend à disparaître, ne trouvant place qu’au moment des CA, ou des réunions lors des congrès, réduite alors à des débats de conjoncture. A la FSU, UA gère les problèmes quotidiens, et notamment les divergences entre syndicats UA. La revue est livrée à elle-même, sans ligne politique en l’absence de toute vie de la tendance. Dans le même temps, l’EE s’installe aux affaires, provoquant une scission (qui éclate au congrès du SNES de 2001). L’EE « participationniste » sort gagnante et occupe une place importante au SNUIPP notamment, dans divers syndicats, mais aussi à la FSU.

IV. LA SITUATION ACTUELLE

1. Les difficultés

La FSU demeure une fédération de syndicats nationaux : elle n’est au fond qu’une structure souple de coordination où le monde enseignant tient une place hégémonique. Le système des tendances s’est relativement perverti.

- D’abord parce que la tendance Autrement a disparu, avec les problèmes entre la FSU et le SNETAA. Cet élément est important, et on n’a que trop l’habitude de l’occulter dans nos analyses. Le départ du SNETAA pose d’une part le problème de la quasi absence de la FSU dans les LP. Mais en terme de tendance, il ne faut jamais oublier qu’une partie de la profession, quoique syndiquée à la FSU ne se retrouve dans aucune des tendances actuelles.

- Inversement, l’accroissement du poids de l’EE (suffrages, places occupées à l’intérieur de « l’appareil fédéral », dans certains syndicats dont la récente progression aux élections internes du SNES...) pose de sérieux problèmes de positionnement. N’est-on pas souvent dans la position du grand écart entre un positionnement frileux (par exemple difficulté ou impossibilité de déclencher une action fédérale en 2004 contre la loi Fillon) et un positionnement « combatif » et « radical », mais alors limité à une toute petite partie de nos syndiqués (place de la FSU dans les forums par exemple ou positionnement final de la FSU sur le référendum) ?

- Quant à UA, elle ne joue plus son rôle...

2. UA

Tout se passe comme si devenue majoritaire, UA avait perdu sa capacité de proposition. La faiblesse de la vie UA fédérale est notoire : la tendance est peu réunie, tout au plus au moment des congrès, un peu plus au moment des CDFN. Le paradoxe est que la FSU s’est bâtie sur les tendances, mais que la tendance majoritaire n’est pas reconnue dans beaucoup de syndicats, que ce soit au SNUIPP où UA a pratiquement disparu y compris dans ses lieux historiques (SD anciennement Unité-Action comme les Bouches-du-Rhône), ou n’existe pas dans les nouveaux syndicats (de l’UNATOS à ceux qui sont arrivés récemment.) Le SNES a joué un rôle pivot dans la constitution de la FSU, et continue à le faire aujourd’hui encore dans le fonctionnement de la fédération. Au cours des années 90, il a tenté de réanimer au moins au sein du SNES une vie UA, en particulier pour faire du courant de pensée un lieu de réflexions et de propositions alternatives, une sorte de boite à idées. Sans beaucoup de succès, toujours pris par les affaires en cours. Cette tentative a été reprise il y a 3 ans, mais elle demeure insuffisante : nous n’avons pas été en capacité en tant que tendance de peser au niveau du congrès de Perpignan (même si le SNES a largement porté le congrès...).

3. La « crise » de Perpignan

C’est au moment du congrès de la FSU de Perpignan que se cristallisent toutes les difficultés accumulées et les problèmes jamais résolus, ni même jamais débattus largement dans la fédération. Au lendemain de 2003, alors que la CFDT connaît une hémorragie de syndiqués mais aussi de syndicats entiers, UA se trouve divisée sur la question clé de l’avenir de la FSU et de son élargissement. Chaque syndicat réfléchit séparément et se prononce en l’absence d’un vrai débat qui aurait pu, qui aurait dû être initié par UA-FSU. La position du SNEP diverge fondamentalement de celle du SNES. Seul le SNES semble avoir très tôt débattu de cette question (1er séminaire UA d’août 2003). UA divisée est paralysée lors du congrès, et laisse ainsi EE à la manœuvre, les minoritaires regroupant certaines SD et certains syndicats, situation qui ne fait qu’accroître les difficultés à l’interne de UA. La crise est surmontée et se dénoue pendant le congrès. Mais des points essentiels (fonctionnement de la FSU, évolution de son organisation...) n’ont pu être abordés faute de temps. Et le problème est bien que depuis Perpignan, malgré quelques modifications (Revue, collectif UA...), rien n’a fondamentalement évolué à UA-FSU. Pendant le même temps, EE poursuivait sa progression.

- Augmentation de son influence (votes FSU et dans les différents syndicats, en particulier au SNUIPP, puis au SNES)

- Occupation du terrain fédéral dans certains secteurs tels que droits et libertés, forums sociaux, international mais aussi chaque fois que UA - ou le SNES - sont absents (Ainsi, au niveau des représentations fédérales, de l’apprentissage...).

- Influence sur les jeunes générations, en particulier dans certains syndicats (SNUIPP, mais n’est-ce pas aussi le cas au SNES, alors même que nous peinons à renouveler nos cadres ? (cf composition du SN).

- Influence enfin sur les SD. Mais comment pourrait-il en être autrement si l’interlocuteur pour les SD est EE et si UA ne joue pas son rôle ?

V. QUELLES PERSPECTIVES ?

Quelques remarques rapides...

Il convient de continuer à améliorer le fonctionnement de la tendance au SNES mais aussi de se donner comme objectif de remettre sur pied la tendance UA à la FSU : le séminaire d’août devrait faire des propositions.

Il faut trouver des espaces pour débattre des sujets les plus difficiles : réunions lors des instances certes, mais aussi séminaires, et revues (fédérale, mais aussi SNES : comment améliorer la lettre électronique par exemple, pour qu’elle devienne un lieu de débat ?)

On pourrait se donner aussi un programme de travail, dans la perspective du prochain congrès FSU, autour des questions maintenant urgentes : en note et pour information, l’état de la réflexion du PS sur ces sujets (cf site du PS, préparation du congrès...), on connaît déjà les projets de la droite...

- Réforme de l’Etat , le dossier fonction publique, qu’on ne peut limiter à la fonction publique d’Etat, décentralisation

- L’Europe (sujet que l’on doit traiter en fait en relation avec tous les autres)

- Un véritable projet pour l’école

- L’élargissement de la FSU et sa place dans l’échiquier syndical

- Les rapports au politique

Mais on devrait travailler certaines questions qui sont au centre de notre champ syndical beaucoup plus précisément.

Il est impensable que la FSU, et le SNES laissent les libéraux théoriser sur le « capital humain » ou « la société de la connaissance », et que, fédération « hégémonique » dans le monde enseignant, nous n’arrivions pas à penser des voies alternatives, notamment en matière de formation de tous (jeunes, salariés, mais aussi citoyens) en fonction des évolutions en cours. Il faut reconnaître que notre situation de fédération de l’enseignement nous freine pour appréhender l’évolution du travail dans les entreprises, non pas dans le sens du rapport de forces actuel où flexibilité rythme avec précarité, mais pour sécuriser les parcours des salariés. Il est probablement possible de travailler avec d’autres, et notamment avec la CGT, sur les questions de « sécurité sociale professionnelle », idée reprise aussi par la droite et par le parti socialiste, et de penser des propositions pour l’école, à la fois en terme de réforme de l’école mais aussi de la place et du statut des personnels. Nous ne partons pas de rien : il y a le travail de l’Institut de la FSU sur ce sujet, il y a le congrès du SNES... Sauf que ces idées ne sont débattues que par une minorité de l’organisation syndicale, que nous sommes sur la défensive, que nous sommes incapables de faire le lien entre les différents aspects... et de faire des propositions novatrices pour entraîner toute la profession. Notre objectif pourrait être de trouver, d’élaborer l’équivalent de « l’investissement éducatif » des années 80 adapté au nouveau contexte... Nous en avons les ressources !

Au niveau FSU, on devrait pouvoir porter un projet de réforme de la fonction publique et de démocratisation de l’Etat....

ANNEXES

En 1971, la brochure UA oppose les tendances :

- autonome :

- réformiste (refusant la lutte des classes et voulant aménager le capitalisme,

- thèse de l’école libératrice,

- corporatisme - favoriser les instituteurs aux dépens des personnels de second degré-),

- réticence à l’action de masse

- gauchiste :

- Ecole Emancipée : après les évènements de mai 68, l’EE connaît une scission, conséquence de l’opposition entre militants trotskystes, LCR d’un côté et OCI (Organisation Communiste Internationale, Lambert) de l’autre, ces derniers étant exclus de l’EE et formant bientôt une nouvelle tendance, le Front Unique Ouvrier. Restent donc à l’EE les anarcho-syndicalistes et les trotskistes LCR, jusqu’en 2001, où l’EE connaît une nouvelle scission, avec la tendance émancipation).

- Front Unique Ouvrier (OCI, Organisation Communiste Internationale, Lambert).

- Rénovation syndicale : après mai 68, rapprochement avec EE autour de 1970-71, militants du PSU, ou ex-UEC.

- Unité et Action

- opposition résolue au système des tendances, « aux théories des réformistes dirigeant la FEN, qui conçoivent l’organisation syndicale comme la juxtaposition de tendances idéologiques organisées, ce qui constitue un avatar du pluralisme. Selon nous, il est dangereux de confondre le syndicat et le parti ou de faire du syndicat un lieu d’affrontement entre les divers partis. Il est dangereux de prôner la constitution de tendances organisées qui visent en fait à imposer contre le libre jeu de la démocratie syndicale des points de vue qui ne peuvent être admis par tous ». Combat la cristallisation de l’organisation par le système des tendances, « obstacle à la démocratie syndicale ».

- mais opposé à la théorie imposée par la direction de la FEN de l’homogénéité des exécutifs (homogénéité du bureau fédéral, qui exclut toute participation UA et en particulier des syndicats de second degré lesquels sont représentés par les minoritaires au bureau fédéral !)

- pour un syndicalisme unitaire, de masse :« Le but du syndicat est de rassembler tous les travailleurs sur la base de leurs intérêts de classe commun . Et non sur la base de leur idéologie ». opposée au pluralisme syndical (plusieurs organisations syndicales constituées à partir d’options religieuses (CFTC), ou d’options politiques),

- syndicalisme de lutte de classes opposé au réformisme des autonomes, refus d’importer les dogmes à l’intérieur du syndicat,

- dénonce le capitalisme, et se situe dans le cadre de la construction du socialisme « Certes, le syndicalisme à lui seul ne peut procéder à la refonte de la société. L’instauration d’un authentique régime de démocratie économique et politique et d’une société socialiste ne peut être l’œuvre que des forces populaires unies au sein desquelles le syndicalisme aura son rôle à jouer dans le respect de son indépendance et de sa vocation propre ».

- ne s’interdit pas d’intervenir dans le domaine politique, mais en restant « conscient de ses propres limites,(...) en écartant ce qui est de nature à compromettre son unité »

- Souhaite le front syndical commun FEN-CGT-CFDT

- L’école n’est ni libératrice ni émancipatrice « la rénovation de la société ne peut venir ni de l’école seule ni de l’école d’abord » ; mais le « savoir est un outil dans la lutte pour l’émancipation sociale » la lutte pour la démocratisation de l’enseignement partie d’un combat plus général

- Au tournant des années 70 : orientation UA pour l’élévation du niveau de recrutement des maîtres et la formation à l’université (DUEL ou DUES pour les instituteurs dans un premier temps), et aussi formation des travailleurs (formation professionnelle, enseignement technique : création d’établissements publics par l’EN pour assurer la formation permanente ( NB : 1970 : accord interprofessionnel et loi de 1971).

- La FP : salaires (hiérarchie des salaires), échelle mobile, SS

- Participer à l’établissement d’un programme commun...

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