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En débat

Qu’est ce que le syndicalisme ?

dimanche 29 janvier 2006

Qu’est-ce que le syndicalisme ?

On présente souvent le syndicalisme comme un moyen pour les membres de la profession représentée de défendre ses intérêts économiques et sociaux. Il serait alors un service qui ne mériterait que de disparaître s’il venait à ne plus remplir sa fonction.

Cette conception du syndicalisme pèche par deux aspects, même s’il est indéniable que les syndicats ont bien cette finalité. Elle est d’abord trop extensive : rien n’empêche dans ce cadre de rassembler sous la même définition les syndicats patronaux comme ceux des autres classes sociales. En outre et surtout, elle fait abstraction, par sa visée exclusivement utilitaire, de la dimension essentielle d’un syndicalisme unitaire de masse et d’action. A l’heure où le gouvernement ne veut rien céder face à la pression de la rue (souvenons-nous du « ce n’est pas la rue qui gouverne »), à l’heure surtout où il tente d’imposer sa vision libérale et individualiste de la société, le syndicalisme, même s’il ne permet pas d’ « obtenir quelque chose » à court ou moyen terme, reste plus que jamais une pièce maîtresse du bon fonctionnement d’une démocratie.En effet, on se demande bien quelle serait la vie politique d’un Etat démocratique si elle se réduisait à la participation sporadique à des scrutins, surtout lorsque ceux-ci versent dans la plus grande irrationalité comme en 2002. Ce qui fait la continuité de la démocratie et que le gouvernement actuel veut nier pour instaurer une politique unilatérale, c’est précisément la présence, dans la rue, dans les négociations et dans les médias, des corps intermédiaires que sont les syndicats. Ils garantissent un relais d’information, de communication et de cohésion sans lequel la société ne serait « sociale » que de nom, réduite à un groupement d’éléments individuels atomisés.De plus, une « action » syndicale porte certes des revendications qui ont pour vocation d’être satisfaites et écoutées, mais face à la surdité des dirigeants, elle ne perd pas pour autant son sens, bien au contraire. L’action est déjà, en elle-même et en dehors de ses résultats, une façon pour un groupe social d’exister, de se retrouver et de faire naître du politique. Cette présence de l’action syndicale dans l’espace public est à l’heure actuelle une garantie essentielle et primordiale que le pouvoir ne dégénère pas en une pure autocratie. Par définition, un syndicat n’est jamais qu’un contre-pouvoir, non une « cogestion ». A ce titre, quelle que soit son efficacité sur le pouvoir en place, sa vocation demeure inchangée et n’a à susciter aucune « déception ». C’est pourquoi le rassemblement unitaire doit rester une priorité syndicale, comme condition préalable à la défense de nos intérêts.

De ce point de vue, les dernières élections professionnelles ont prouvé que la profession enseignante restait attachée à la conception unitaire et majoritaire du syndicalisme, en évitant d’écouter les sirènes de l’émiettement syndical et de la division, qui émanent notamment de la part de groupuscules d’extrême gauche. Si la vie démocratique a besoin de contre-pouvoirs, il est par contre nuisible pour eux de subir les effets d’un pseudo-pluralisme qui ne peut viser qu’à les affaiblir, et joue le jeu du pouvoir en place.

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