UNITE ET ACTION - Snes -
Nous écrire à
uasnes@uasnes.org

Recherche

L'article appartient à cette rubrique :
En débat

Confédération Européenne des Syndicats (CES), attention danger !

vendredi 23 février 2007

Confédération Européenne des Syndicats (CES), attention danger !

Même si les rapports préparatoires au congrès n’abordent pas directement la question de l’adhésion à la CES, l’avenir du syndicalisme international est souvent évoqué à travers la perspective de l’appartenance du SNES et de la FSU à la CES.

Or, la CES n’est pas un « syndicat européen » mais une institution de concertation syndicale, créée en 1973 et financée à 75 % par l’Union Européenne, sur la base de la reconnaissance de l’UE, de ses institutions et de ses textes fondamentaux. Le traité d’Amsterdam a reconnu à la CES la qualité d’interlocuteur dans le domaine social. Elle participe à ce titre à l’élaboration des politiques économiques et sociales au plus haut niveau, en collaboration avec tous les organes dirigeants de l’UE. La CES a ainsi œuvré à la rédaction de la constitution européenne, fait campagne pour le oui (permettant d’ailleurs aux médias d’asséner que « les syndicats sont pour le oui »). Très récemment, elle s’est réjouie du vote par le parlement européen de la directive Bolkestein qui impose un nouveau recul des droits sociaux, au motif que la version adoptée serait un peu moins mauvaise que le projet initial... Rappelons aussi qu’en plein conflit 2003 sur les retraites en France, en Autriche et en Italie, se déroulait le congrès de la CES, en présence des principaux dirigeants syndicaux français, et que cette honorable assemblée, très occupée à recevoir Giscard, Delors et les représentants du grand patronat européen afin de célébrer l’écriture commune de la constitution européenne, n’a pas jugé utile de dire un mot sur le sujet des retraites, encore moins de lancer un appel pour soutenir les travailleurs français ou pour fédérer les luttes dans les différents pays.

La CES est ainsi une institution officielle qui a pour fonction - rémunérée - d’accompagner le programme de concurrence libre et non faussée de l’UE pour qui, faut-il le rappeler, les services publics sont une cible prioritaire. Cette organisation bureaucratisée, il semble bien naïf pour la « petite » FSU ou pour le SNES de prétendre pouvoir l’infléchir. Certes, toutes les confédérations françaises y sont et certaines depuis longtemps comme la CFDT... Certaines s’y sont cassés les dents plus récemment, à commencer par la CGT dont les représentants à la CES sont aujourd’hui les plus fervents de l’alliance avec la CFDT. En réalité, si la FSU et le SNES adhèrent à la CES, c’est cette dernière qui continuera à discuter les sujets de négociation européens (dans les palais de Bruxelles et de Strasbourg, bien loin des manifestations et des luttes) mais elle aura désormais la caution de la FSU et du SNES pour soutenir les pires projets.

A cet égard, le soutien de la FSU à la pétition de la CES pour des services publics européens (c’est-à-dire pour les SIG et SIEG dont la campagne du référendum en 2005 a montré tous les dangers) est révélatrice de la dérive qui menace notre syndicalisme de lutte.

Benoit Foucambert, Pascal Rolando, Académie d’Orléans-Tours

-->
Vous êtes sur un site internet créé avec le système de publication SPIP.