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En débat

Il faut refuser l’adhésion à la CSI

jeudi 8 mars 2007

Pour la poursuite d’un syndicalisme de lutte, il faut refuser l’adhésion à la CSI

Le document préparatoire du thème 3 semblait considérer comme une évidence (§3.2.) le fait que la FSU adhère à la Confédération Syndicale Internationale. Heureusement le congrès de la FSU a décidé grâce à une minorité de 30% et quelques voix que les adhérents devraient être consultés avant toute décision. C’est là une bonne chose.

La CSI a été créée en novembre dernier par la fusion de la Confédération Internationale des Syndicats Libres et de la Confédération Mondiale du Travail (émanation des syndicats chrétiens). Elle se donne pour tâche de lutter pour « une gouvernance effective et démocratique de l’économie mondiale » ce qui signifie qu’elle demande à être associée par les institutions capitalistes aux décisions de gestion. Son secrétaire général Guy Ryder, ex dirigeant de la CISL précise que « lors du dernier congrès de la CISL, pour sa dissolution, j’ai insisté sur la continuité avec nos valeurs (de la CISL). Sans cela, cette organisation n’aurait pas accepté le processus de création de la CSI ». Quelles valeurs partageons-nous avec une organisation créée en pleine guerre froide et qui, en 40 ans, n’a impulsé aucune action revendicative. Une des missions de la CSI est de « s’élever contre les stratégies globales du capital financier » pourtant elle n’a pas eu, par exemple, un mot en soutien aux travailleurs d’ALCATEL, d’AIRBUS ou aux victimes des délocalisations.

Alors rejoindre une organisation dont l’objectif est d’agir par le lobbying n’est-ce pas quitter le terrain de la lutte syndicale et s’orienter vers une transformation du syndicat en une sorte d’ONG ? Est-ce de cette manière que nous espérons contrecarrer les difficultés de syndicalisation ? La CGT a décidé de rejoindre la CSI et de partager un strapontin avec la CFDT mais est-ce suffisant pour lui emboîter le pas ? Aujourd’hui le capitalisme le plus débridé s’impose dans une très grande majorité de pays où les mobilisations des salariés connaissent un net reflux. Les camarades qui nous disent qu’il sera possible d’agir de l’intérieur pensent-ils vraiment qu’avec ses 150 000 adhérents, même si on ajoute quelques centaines de milliers d’adhérents d’organisations de notre pays ou d’ailleurs, la FSU sera, dans cette situation, en capacité d’influer sur les orientations défendues par des dirigeants prétendant parler au nom de 168 millions de syndiqués répartis dans 306 organisations de 153 pays ? Dire cela ce n’est pas condamner le SNES et la FSU à un quelconque isolationnisme voire à un repli étroit sur le cadre national. Nous ne devons pas rester isolés et au contraire, il est nécessaire de poursuivre et de développer une politique de coopération, basée sur les échanges bi et multi-latéraux avec des organisations partageant les mêmes principes démocratiques que nous.

Quant aux camarades qui voient dans la CSI la renaissance de l’Association Internationale des Travailleurs rappelons que si l’AIT rassemblait des organisations de nature et de statuts différents avec des visions diverses de l’avenir à construire, elle visait la remise en cause de l’ordre capitaliste établi ce qui est bien loin de la « gouvernance » prônée par la CSI. Alors oui, cette AIT du 3ème millénaire est nécessaire mais ce n’est pas la CSI et elle reste à construire.

Les adhérents vont donc pouvoir se prononcer sur l’affiliation de la FSU (et par conséquence du SNES) à la CSI. Il est légitime que les congrès académiques et national du SNES se positionnent sur cette question d’importance.

Gérard Réquigny, UA, Créteil

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